L’onde du Djoliba coule en douceur comme se déroule la toile de notre destin de pays. Comme dans le firmament lointain au dessus de nos têtes les éclaircis sont complétés par des zones d’ombre et on les appelle nuages, nous sommes sur terre mais restons secoués par les zones de turbulences depuis un an déjà. D’une revendication jugée farfelu tant elle n’avait pas lieu d’être nous en sommes à perdre notre identité. Chaque faux pas à Bamako a conduit à une chute ; un peu au-delà, dans le pays quand même. Curieusement, le brouillard prenait nos vues et nul ne criait ; car ne voyait le vrai diable exploitant à fond nos errements. Heureusement, ceux à qui l’on voulait faire porter les cornes du diable se sont montré nos anges sauveurs du jour. Mais je ne dis à personne que l’allié indirect du vrai diable est porteur de cornes.
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mardi 15 janvier 2013
Oh toi, Mali ?
Mr Yachim Maiga
Dis-moi que je me trompe ;
Dis-moi que ce n’est que des hallucinations ;
De tant de jours d’insomnie ;
Qui m’envahissent et qui me font penser au pire ;
Dis-moi que le pire est derrière nous ;
Dis-moi qui je suis ;
Quand je ne sais plus qui je suis ;
Même si je sais, d’où je suis ;
Oh oui, je sais que je viens du Mali,
Je sais aussi que je viens du Nord ;
D’un bled jadis, grenier de la région
Un bled, au bord du fleuve Niger ;
Entre les rochers de Tobon Tondo ;
Et les dunes de sables de Hiya hondo ;
Ansongo, où il faisait toujours bon de vivre ;
Afoudou pour les natifs,
Ansongo ; j’aimerai tant te revoir ;
Hélas, le triste destin ;
A choisi son camp ;
Je ne te verrai pas de sitôt, Ansongo ;
Pas avant que je ne choisisse ;
Mon camp à moi;
Le camp de la vérité ;
Le camp de mon passé et de mon présent ;
Le camp de mon futur ;
Ce camp qui a fait de moi
Ce que je suis, aujourd’hui ;
C’est toi : Mali- ma chère patrie,
La patrie de mon enfance ;
La patrie de mes enfants ;
La patrie de mes projets et de mes rêves ;
Jamais, je ne te trahirai.
Yachim MAIGA
Port-Au Prince, le 14 janvier 2013
jeudi 6 décembre 2012
MON PAYS
Mon pays n’est pas cette patrie aux miroirs brisés ;
Mon pays n’est pas cette nation aux cauris dévalués ;
Mon pays n’est pas cette vallée aux échos tendancieux ;
Mon pays n’est pas ce désert aux scorpions dangereux ;
Mon pays n’est pas cette avenue de soupçons ;
Mon pays n’est pas ce territoire en tronçons ;
Mon pays n’est pas cette tribune d’exclusion ;
Mon pays n’est pas cette macabre foire d’exposition ;
Mon pays n’est pas cette ville sans tambours ;
Mon pays n’est pas ce daka pillé en plein jour ;
Mon pays n’est pas cette jeunesse déchaînée ;
Mon pays n’est pas cette tribu exilée ;
Mon pays n’est pas cette chamelle égarée ;
Mon pays n’est pas ce patrimoine vandalisé ;
Mon pays n’est pas ce croyant sans pitié ;
Mon pays n’est pas cette jeune fille violée ;
Mon pays n’est pas ce mausolée détruit ;
Mon pays n’est pas cette plantation sans fruits ;
Mon pays n’est pas ce ganda en ruines ;
Mon pays n’est pas ce champ de mines ;
Mon pays n’est pas cette rizière de sang ;
Mon pays n’est pas cette dignité liée au rang ;
Mon pays n’est pas cette bourgoutière confisquée ;
Mon pays n’est pas cette République éclatée ;
Mon pays n’est pas cette population meurtrie ;
Mon pays n’est pas cette méfiance entre les ethnies ;
Mon pays n’est pas cette terre en deuil ;
Mon pays n’est pas cette bourse d’otages et de cercueils ;
Mon pays n’est pas ce triste office ;
Mon pays n’est pas ce laboratoire de milices ;
Mon pays n’est pas ce Mansa qui tremble ;
Mon pays n’est pas cette adolescence qui s’effondre ;
Mon pays n’est pas cette armée qui s’égorge ;
Mon pays n’est pas cette main qui égorge ;
Mon pays n’est pas cet érudit qu’on égorge ;
Mon pays n’est pas ce partenaire opérant le couteau sur la gorge ;
Mon pays n’est pas cette administration aux abois ;
Mon pays n’est pas le parti de la mauvaise foi ;
Mon pays n’est pas cette lanterne d’un journaliste diviseur ;
Mon pays n’est pas la voix mensongère de cet obscur lecteur ;
Mon pays n’est pas cette jungle de vipères ;
Mon pays n’est pas cette rivière de malheurs ;
Mon pays n’est pas ce district de fractures ;
Mon pays n’est pas cette dune rose de factures ;
Mon pays n’est pas cette coordination qu’on accuse ;
Mon pays n’est pas ce manifeste de colère qu’on récuse ;
Mon pays n’est pas cette rue qui tue ;
Mon pays n’est pas cette haine raciale en crue ;
Mon pays n’est pas cet azalai sans chameliers ;
Mon pays n’est pas ce prolétariat de carnassiers ;
Mon pays n’est pas cette solidarité que l’on enterre ;
Mon pays n’est pas cette tendance à saborder l’honneur ;
Mon pays n’est pas ce couscous de vengeance ;
Mon pays n’est pas cette Oumma sans conscience ;
Mon pays n’est pas cette oasis de sang où manque l’eau ;
Mon pays n’est pas ce funeste nuage de corbeaux ;
Mon pays n’est pas cet embargo de la faim ;
Mon pays n’est pas cette combustion de saints ;
Mon pays n’est pas cet harmattan de tristesse ;
Mon pays n’est pas cette course d’opium et de vitesse ;
Mon pays n’est pas ce crime applaudi ;
Mon pays n’est pas cette honte subie ;
Mon pays n’est pas cette architecture somatique ;
Mon pays n’est pas ce sanctuaire fanatique ;
Mon pays n’est pas ce généreux peuple humilié ;
Mon pays n’est pas cette union nationale torpillée ;
Mon pays n’est pas cette écologie de la pourriture ;
Mon pays n’est pas ce comptoir d’injures ;
Mon pays n’est pas ce voile déchiré ;
Mon pays n’est pas ce but refusé ;
Mon pays n’est pas ce refrain de la mort ;
Mon pays n’est pas cet album de remords ;
Mon pays n’est pas cette communauté indexée ;
Mon pays n’est pas cette foi agressée ;
Mon pays n’est pas cette violence sans raison ;
Mon pays n’est pas ce refus obstiné du pardon ;
Mon pays n’est pas ce terroir de blancs brimés ;
Mon pays n’est pas ce kounda de noirs piétinés ;
Mon pays n’est pas cette Afrique en larmes ;
Mon pays n’est pas cette planète en armes ;
Mon pays est l’indivisible Mali ;
Mon pays est l’énigmatique tapis ;
Mon pays est le chant d’espérance ;
Mon pays est le Ngoni de la tolérance.
Zeidan AG SIDALAMINE
vendredi 18 novembre 2011
Bamako RÉVEIL
Par ce novembre de fraîche matinée
Bamako couve dans son nid de vallée
Les frondeurs de la nuit se sont à peine prélassés
Que le Djoliba reste étroitement enlacé
Dans des bras encore sommeilleux
Il coule à peine dans son lit tortueux
Ses draps de fumée de poussière si brumeux
Flottent comme un brouillard dans l’air
Du sommet des collines ce voile est à défaire
Ici le Savoir là le Pouvoir
tous deux sont célèbres
Pour nous faire
vivre de nouveaux palabres.
vendredi 11 février 2011
Biographie
Il a déjà publié :
En Littérature
-Fèn Bèè Fan, 1996, Editions Jamana (livre pour enfants en Bambara)
-Nouvelles d'ici, 1995, Editions Jamana (ouvrage collectif en français)
-Poèmes d'ici, 1995, Editions Jamana (ouvrage collectif en français)
-Maana nciinin nyògòndan sèbènni bamanankan na (1993 san nyògòndan), 1994, Editions Jamana (ouvrage collectif du concours de la meilleur nouvelle 1993 en Bambara)
-Nsirin Nin Kèra Kungosogow ye, 1994, Sahelienne (ouvrage collectif de quelques contes du pays en Bambara)
-Veillées en larmes, 2007, Le Manuscrit (recueil de nouvelles édité en ligne)
En Travaux de recherche :
-Kaaba, 1994, Sahelienne (ouvrage sur la monographie de Kangaba en Bambara)
-Umwelt und Urbanität in Westafrika : Beiträge zur Müllverwertung und Abfallproblematik, 2002, Brandes & Apsel /Südwind, (ouvrage collectif en allemand)
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