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mardi 15 janvier 2013

Cornes du diable

L’onde du Djoliba coule en douceur comme se déroule la toile de notre destin de pays. Comme dans le firmament lointain au dessus de nos têtes les éclaircis sont complétés par des zones d’ombre et on les appelle nuages, nous sommes sur terre mais restons secoués par les zones de turbulences depuis un an déjà. D’une revendication jugée farfelu tant elle n’avait pas lieu d’être nous en sommes à perdre notre identité. Chaque faux pas à Bamako a conduit à une chute ; un peu au-delà, dans le pays quand même. Curieusement, le brouillard prenait nos vues et nul ne criait ; car ne voyait le vrai diable exploitant à fond nos errements. Heureusement, ceux à qui l’on voulait faire porter les cornes du diable se sont montré nos anges sauveurs du jour. Mais je ne dis à personne que l’allié indirect du vrai diable est porteur de cornes.

jeudi 6 décembre 2012

MON  PAYS



Mon pays n’est pas cette patrie aux miroirs brisés ;
Mon pays n’est pas cette nation aux cauris dévalués ;
Mon pays n’est pas cette vallée aux échos tendancieux ;
Mon pays n’est pas ce désert aux scorpions dangereux ;
 
Mon pays n’est pas cette avenue de soupçons ;
Mon pays n’est pas ce territoire en tronçons ;
Mon pays n’est pas cette tribune d’exclusion ;
Mon pays n’est pas cette macabre foire d’exposition ;
 
Mon pays n’est pas cette ville sans tambours ;
Mon pays n’est pas ce daka pillé en plein jour ;
Mon pays n’est pas cette jeunesse déchaînée ;
Mon pays n’est pas cette tribu exilée ;
 
Mon pays n’est pas cette chamelle égarée ;
Mon pays n’est pas ce patrimoine vandalisé ;
Mon pays n’est pas ce croyant sans pitié ;
Mon pays n’est pas cette jeune fille violée ;
 
Mon pays n’est pas ce mausolée détruit ;
Mon pays n’est pas cette plantation sans fruits ;
Mon pays n’est pas ce ganda en ruines ;
Mon pays n’est pas ce champ de mines ;
 
Mon pays n’est pas cette rizière de sang ;
Mon pays n’est pas cette dignité liée au rang ;
Mon pays n’est pas cette bourgoutière confisquée ;
Mon pays n’est pas cette République éclatée ;
 
Mon pays n’est pas cette population meurtrie ;
Mon pays n’est pas cette méfiance entre les ethnies ;
Mon pays n’est pas cette terre en deuil ;
Mon pays n’est pas cette bourse d’otages et de cercueils ;
 
Mon pays n’est pas ce triste office ;
Mon pays n’est pas ce laboratoire de milices ;
Mon pays n’est pas ce Mansa  qui tremble ;
Mon pays n’est pas cette adolescence qui s’effondre ;
 
Mon pays n’est pas cette armée qui s’égorge ;
Mon pays n’est pas cette main qui égorge ;
Mon pays n’est pas cet érudit qu’on égorge ;
Mon pays n’est pas ce partenaire opérant le couteau sur la gorge ;
 
Mon pays n’est pas cette administration aux abois ;
Mon pays n’est pas le parti de la mauvaise foi ;
Mon pays n’est pas cette lanterne d’un journaliste diviseur ;
Mon pays n’est pas la voix mensongère de cet obscur lecteur ;
 
Mon pays n’est pas cette jungle de vipères ;
Mon pays n’est pas cette rivière de malheurs ;
Mon pays n’est pas ce district de fractures ;
Mon pays n’est pas cette dune rose de factures ;
 
Mon pays n’est pas cette coordination qu’on accuse ;
Mon pays n’est pas ce manifeste de colère qu’on récuse ;
Mon pays n’est pas cette rue qui tue ;
Mon pays n’est pas cette haine raciale en crue ;
 
Mon pays n’est pas cet azalai sans chameliers ;
Mon pays n’est pas ce prolétariat de carnassiers ;
Mon pays n’est pas cette solidarité que l’on enterre ;
Mon pays n’est pas cette tendance à saborder l’honneur ;
 
Mon pays n’est pas ce couscous de vengeance ;
Mon pays n’est pas cette  Oumma sans conscience ;
Mon pays n’est pas cette oasis de sang où manque l’eau ;
Mon pays n’est pas ce  funeste nuage de corbeaux ;
 
Mon pays n’est pas cet embargo de la faim ;
Mon pays n’est pas cette combustion de saints ;
Mon pays n’est pas cet harmattan de tristesse ;
Mon pays n’est pas cette course d’opium et de vitesse ;
 
Mon pays n’est pas ce crime applaudi ;
Mon pays n’est pas  cette honte  subie ;
Mon pays n’est pas cette architecture somatique ;
Mon pays n’est pas ce sanctuaire fanatique ;
 
Mon pays n’est pas ce généreux peuple humilié ;
Mon pays n’est pas cette union nationale torpillée ;
Mon pays n’est pas cette écologie de la pourriture ;
Mon pays n’est pas ce comptoir d’injures ;
 
Mon pays n’est pas ce voile déchiré ;
Mon pays n’est pas ce but refusé ;
Mon pays n’est pas ce refrain de la mort ;
Mon pays n’est pas cet album de remords ;
 
Mon pays n’est pas cette communauté indexée ;
Mon pays n’est pas cette foi agressée ;
Mon pays n’est pas cette violence sans raison ;
Mon pays n’est pas ce refus obstiné du pardon ;
 
Mon pays n’est pas ce terroir de blancs brimés ;
Mon pays n’est pas ce kounda de noirs piétinés ;
Mon pays n’est pas cette Afrique en larmes ;
Mon pays n’est pas cette planète en armes ;
 
Mon pays est l’indivisible Mali ;
Mon pays est l’énigmatique tapis ;
Mon pays est  le chant d’espérance ;
Mon pays est le Ngoni de la tolérance.
 
 Zeidan  AG SIDALAMINE