jeudi 21 février 2013

Morceau choisi 2

Et le Mali dans tout ça ? Ce qu’il est devenu, entre le jour où Modibo Keita obtenait le départ des troupes françaises et le jour où Dioncounda Traoré obtenait leur retour salutaire, est très simple à comprendre mais dur à accepter. C’est toute l’histoire de l’évolution subie plutôt que maîtrisée. C’est toute l’histoire d’un grand pays ramené à de petits desseins. C’est toute l’histoire d’un pays qui préfère l’orgueil à la fierté. C’est toute l’histoire d’un pays qui a déglingué exprès l’ascenseur républicain au profit des passe-droits et des sauf-conduits. Qui négocie tout : l’ordure contre l’or pur, le bien-être général contre l’intérêt privé,. Et qui accepte tout : téléphoner à la hiérarchie pour que le fiston bidasse ne monte pas au front ; aller voir le marabout pour anéantir le voisin, sacrifier l’avenir pour le présent. Mais un pays qui a toujours cette espèce de baraka qui l’empêche de toucher le fond et pour lequel, nous avons aujourd’hui, l’opportunité historique de nous remobiliser
Adam Thiam
SOURCE:  du   21 fév 2013.

lundi 28 janvier 2013

Hammou Haïdara: Grincheux : réfléchir ou s’abstenir !

Hammou Haïdara: Grincheux : réfléchir ou s’abstenir !: L’intervention salutaire française au Mali n’a pas échappé aux critiques des grincheux. Leur crédo en quelques mots : néocolonia...

Hammou Haïdara: MNLA : une imposture touarègue

Hammou Haïdara: MNLA : une imposture touarègue: Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) est le funeste et dernier né des groupuscules prétendument représentatifs...

mardi 15 janvier 2013

Cornes du diable

L’onde du Djoliba coule en douceur comme se déroule la toile de notre destin de pays. Comme dans le firmament lointain au dessus de nos têtes les éclaircis sont complétés par des zones d’ombre et on les appelle nuages, nous sommes sur terre mais restons secoués par les zones de turbulences depuis un an déjà. D’une revendication jugée farfelu tant elle n’avait pas lieu d’être nous en sommes à perdre notre identité. Chaque faux pas à Bamako a conduit à une chute ; un peu au-delà, dans le pays quand même. Curieusement, le brouillard prenait nos vues et nul ne criait ; car ne voyait le vrai diable exploitant à fond nos errements. Heureusement, ceux à qui l’on voulait faire porter les cornes du diable se sont montré nos anges sauveurs du jour. Mais je ne dis à personne que l’allié indirect du vrai diable est porteur de cornes.

Oh toi, Mali ?


Mr Yachim Maiga

Dis-moi que je rêve,
Dis-moi que je me trompe ;
Dis-moi que ce n’est que des hallucinations ;
De tant de jours d’insomnie ;
Qui m’envahissent et qui me font penser au pire ;
Dis-moi que le pire est derrière nous ;
Dis-moi qui je suis ;
Quand je ne sais plus qui je suis ;
Même si je sais, d’où je suis ;
Oh oui, je sais que je viens du Mali,
Je sais aussi que je viens du Nord ;
D’un bled jadis, grenier de la région
Un bled, au bord du fleuve Niger ;
Entre les rochers de Tobon Tondo ;
Et les dunes de sables de Hiya hondo ;
Ansongo, où il faisait toujours bon de vivre ;
Afoudou pour les natifs,
Ansongo ; j’aimerai tant te revoir ;
Hélas, le triste destin ;
A choisi son camp ;
Je ne te verrai pas de sitôt, Ansongo ;
Pas avant que je ne choisisse ;
Mon camp à moi;
Le camp de la vérité ;
Le camp de mon passé et de mon présent ;
Le camp de mon futur ;
Ce camp qui a fait de moi
Ce que je suis, aujourd’hui ;
C’est toi : Mali- ma chère patrie,
La patrie de mon enfance ;
La patrie de  mes enfants ;
La patrie de mes projets et de mes rêves ;
Jamais, je ne te trahirai.

Yachim MAIGA
Port-Au Prince, le 14 janvier 2013

jeudi 6 décembre 2012

MON  PAYS



Mon pays n’est pas cette patrie aux miroirs brisés ;
Mon pays n’est pas cette nation aux cauris dévalués ;
Mon pays n’est pas cette vallée aux échos tendancieux ;
Mon pays n’est pas ce désert aux scorpions dangereux ;
 
Mon pays n’est pas cette avenue de soupçons ;
Mon pays n’est pas ce territoire en tronçons ;
Mon pays n’est pas cette tribune d’exclusion ;
Mon pays n’est pas cette macabre foire d’exposition ;
 
Mon pays n’est pas cette ville sans tambours ;
Mon pays n’est pas ce daka pillé en plein jour ;
Mon pays n’est pas cette jeunesse déchaînée ;
Mon pays n’est pas cette tribu exilée ;
 
Mon pays n’est pas cette chamelle égarée ;
Mon pays n’est pas ce patrimoine vandalisé ;
Mon pays n’est pas ce croyant sans pitié ;
Mon pays n’est pas cette jeune fille violée ;
 
Mon pays n’est pas ce mausolée détruit ;
Mon pays n’est pas cette plantation sans fruits ;
Mon pays n’est pas ce ganda en ruines ;
Mon pays n’est pas ce champ de mines ;
 
Mon pays n’est pas cette rizière de sang ;
Mon pays n’est pas cette dignité liée au rang ;
Mon pays n’est pas cette bourgoutière confisquée ;
Mon pays n’est pas cette République éclatée ;
 
Mon pays n’est pas cette population meurtrie ;
Mon pays n’est pas cette méfiance entre les ethnies ;
Mon pays n’est pas cette terre en deuil ;
Mon pays n’est pas cette bourse d’otages et de cercueils ;
 
Mon pays n’est pas ce triste office ;
Mon pays n’est pas ce laboratoire de milices ;
Mon pays n’est pas ce Mansa  qui tremble ;
Mon pays n’est pas cette adolescence qui s’effondre ;
 
Mon pays n’est pas cette armée qui s’égorge ;
Mon pays n’est pas cette main qui égorge ;
Mon pays n’est pas cet érudit qu’on égorge ;
Mon pays n’est pas ce partenaire opérant le couteau sur la gorge ;
 
Mon pays n’est pas cette administration aux abois ;
Mon pays n’est pas le parti de la mauvaise foi ;
Mon pays n’est pas cette lanterne d’un journaliste diviseur ;
Mon pays n’est pas la voix mensongère de cet obscur lecteur ;
 
Mon pays n’est pas cette jungle de vipères ;
Mon pays n’est pas cette rivière de malheurs ;
Mon pays n’est pas ce district de fractures ;
Mon pays n’est pas cette dune rose de factures ;
 
Mon pays n’est pas cette coordination qu’on accuse ;
Mon pays n’est pas ce manifeste de colère qu’on récuse ;
Mon pays n’est pas cette rue qui tue ;
Mon pays n’est pas cette haine raciale en crue ;
 
Mon pays n’est pas cet azalai sans chameliers ;
Mon pays n’est pas ce prolétariat de carnassiers ;
Mon pays n’est pas cette solidarité que l’on enterre ;
Mon pays n’est pas cette tendance à saborder l’honneur ;
 
Mon pays n’est pas ce couscous de vengeance ;
Mon pays n’est pas cette  Oumma sans conscience ;
Mon pays n’est pas cette oasis de sang où manque l’eau ;
Mon pays n’est pas ce  funeste nuage de corbeaux ;
 
Mon pays n’est pas cet embargo de la faim ;
Mon pays n’est pas cette combustion de saints ;
Mon pays n’est pas cet harmattan de tristesse ;
Mon pays n’est pas cette course d’opium et de vitesse ;
 
Mon pays n’est pas ce crime applaudi ;
Mon pays n’est pas  cette honte  subie ;
Mon pays n’est pas cette architecture somatique ;
Mon pays n’est pas ce sanctuaire fanatique ;
 
Mon pays n’est pas ce généreux peuple humilié ;
Mon pays n’est pas cette union nationale torpillée ;
Mon pays n’est pas cette écologie de la pourriture ;
Mon pays n’est pas ce comptoir d’injures ;
 
Mon pays n’est pas ce voile déchiré ;
Mon pays n’est pas ce but refusé ;
Mon pays n’est pas ce refrain de la mort ;
Mon pays n’est pas cet album de remords ;
 
Mon pays n’est pas cette communauté indexée ;
Mon pays n’est pas cette foi agressée ;
Mon pays n’est pas cette violence sans raison ;
Mon pays n’est pas ce refus obstiné du pardon ;
 
Mon pays n’est pas ce terroir de blancs brimés ;
Mon pays n’est pas ce kounda de noirs piétinés ;
Mon pays n’est pas cette Afrique en larmes ;
Mon pays n’est pas cette planète en armes ;
 
Mon pays est l’indivisible Mali ;
Mon pays est l’énigmatique tapis ;
Mon pays est  le chant d’espérance ;
Mon pays est le Ngoni de la tolérance.
 
 Zeidan  AG SIDALAMINE

vendredi 18 novembre 2011

Projet 1: (en attente d'édition)
LE MONDE DANS UN OEUF (récit jeunesse)

Extrait (début de l'histoire)


A l’ombre de sa case en terre, Ba-Saran, une heureuse grand-mère, filait son coton. Dehors, le soleil gagnait du chemin vers les hauteurs du firmament. Le mouvement était imperceptible, mais son évolution se voyait ; car c’était une marche qui déterminait le temps et même les saisons. Aux côtés de la fileuse de coton, s’amusait sa petite fille, Maya.

Elle était autant occupée que sa grand-mère. Pourtant nul ne pouvait dire avec précision de quoi elle s’occupait. Ni à quoi elle s’affairait. Bien curieuse, elle était assez turbulente. Ce trait de caractère avait certainement un rapport avec son âge. Elle était moins qu’une adolescente.

Entre ses va-et-vient, bien que préoccupée, Maya remarqua un œuf dans le van qui contenait les affaires de sa grand-mère. L’œuf paraissait si insolite parmi les autres outils de filature. Il était l’intrus parfait qui réveilla un intérêt particulier chez la fillette.

Ce n’était point sa première fois de voir un œuf. Mais le van de Ba-Saran était loin d’être un nid de poule pondeuse. Et si sa grand-mère conservait cet œuf, c’est qu’il y avait bien une raison. Il ne s’agissait point d’un intérêt quelconque lié à un besoin comestible.

Ba-Saran vouait une sorte de culte à son équipement de production de fil de coton. Tous les instruments étaient traités comme des objets sacrés. Peut-être que cet œuf aussi était sacré et qu’il avait un rôle précis dans la préparation des fils de coton. La Maya voulait savoir à quoi servait l’œuf.

Elle ne pu s’empêcher d’interroger sa grand-mère quelle sorte d’œuf c’était. La réponse, la plus négligée, fut donnée à sa question. Ce qui tendait à banaliser l’œuf. Cette réponse trahissait une réalité aux yeux de Maya. Aucun des objets dans le van de Ba-Saran n’était banal ; tant elle-même les gardait avec soin. Elle lui cachait certainement quelque chose en répondant que ce n’était qu’un œuf comme tous les autres.

Les autres œufs sont dans les nids ou prêts à passer au poêle. Un oiseau aurait-il perdu sa tête au point de venir confier le sien à Ba-Saran ? Sûrement pas. Un œuf dans ce van, c’était pour autre chose ! Quoi donc, se demandait-elle ?

Maya insatisfaite, redemanda pourquoi avait-elle décidé de garder cet œuf dans son van. Sa place n’était pas habituelle parmi les objets de filature du coton. L’œuf était bien à sa place ; car il contenait bien de choses, fut la réponse de Ba-Saran. Cette explication provoqua encore plus de curiosité chez la fillette.

Un œuf qui contient bien de choses ! Donc un œuf pas comme les autres.

-         Dis-moi, au moins une des choses qu’il contient, insista la petite fille.
-         Il contient le monde, répondit Ba-Saran.

La fille approuva de la tête sans ajouter un mot. Le monde ! Dans un œuf, le monde ? Dans cet œuf, le monde… Elle fit semblant de s’occuper d’autre chose et feignit oublier l’objet de toutes ses interrogations. Mais elle attendait un moment, son temps choisi à la faveur de l’inattention de sa grand-mère. Celle-ci était absorbée par sa tâche.

Maya se saisit de l’œuf. Elle le manipula dans ses deux mains puis intelligemment le laissa glisser entre ses doigts. L’œuf s’écrasa au sol. La petite fille n’y vît que le liquide ordinaire contenu dans tous les œufs. Un liquide qui coula comme un espoir qui s’évapore. L’envie pressant de découvrir le monde dans l’œuf coulait sous ses yeux au sol. Sa déception était aussi grande que son souhait de découverte l’était. Elle s’exclama alors.
-         Oh, Ba-Saran, l’œuf m’a glissé dans les mains et s’est cassé.
-         Oui, et alors ? interrogea la grand-mère sans y accorder une attention.
-         Il est comme tous les œufs du monde,
-         Effectivement…
-         Il n’ya aucune trace du monde, comme tu le prétends.
-         Pourtant si, insista Ba-Saran.
-         Tu peux voir toi-même, protesta Maya.
-         Qu’il n’y ait rien d’autre que ce que tu vois maintenant, c’est de ta faute. Si tu avais envie de le casser et d’y voir le monde, tu n’avais qu’à m’aviser avant de le faire, répondit la vieille femme.
-         Il est déjà cassé ! Qu’est ce qu’on fait maintenant ? demanda Maya.
-         Il y n’a d’autre solution que trouver un autre œuf, dit Ba-Saran.
-         Où en trouver, je veux savoir ? interrogea la fillette.
-         Demande plutôt, comment en trouver, rectifia la grand-mère.
-         Dans ce cas, comment en trouver, comme tu le dis ? reprit Maya.
-         Si tu es disposée à aller en chercher, je te mets en situation d’en trouver ; ma petite chérie, conclut Ba-Saran.

Le rêve tantôt perdu redevenait du coup possible. Les yeux de Maya brillaient de joie et d’envie. Elle voulait retrouver un œuf. Ce genre d’œuf qui contenait le monde. Qu’est-ce qu’elle ne ferait pas pour découvrir le monde !

Elle voulait voir le monde, mais elle n’avait pas compris qu’il y avait des choses à faire avant de casser l’œuf. Cette coquille qui le fait ressembler à tout œuf, mais dont le contenu semble si différent de celui des œufs que les poules couvent pour donner des poussins. Différent aussi de celui des œufs qui servent de mets appétissants après un passage au poêle.

Et s’il s’agissait des mêmes œufs avec les mêmes contenus ? La magie des choses transformerait-il le contenu en poussin, en plat ou en monde ! Alors il fallait que Ba-Saran fît usage de sa magie pour que le prochain œuf contînt le monde qu’elle souhaitait voir.

Pour rien au monde Maya ne voulait rater cette chance. Elle avait une rage de voir le monde. Donc elle accepterait d’aller chercher partout un autre œuf. Quel qu’en fut le prix, la fillette était disposée à le supporter. Il fallait un œuf, duquel sa grand-mère lui ferait voir le monde.